
Dans le cadre d’un échange artistique avec la Permanent Gallery à Brighton, La Vitrine accueille à partir du 31 mars la photographe anglaise Elena Inga. Intitulée « Mum I hate your cakes and all the things you make », son exposition aborde le thème de l’enfance et de sa représentation d’une manière à la fois intrigante et troublante.
« La notion de l'enfant « romantique » a été inventée et développée au dix-huitième siècle. Aujourd'hui, les images d'enfants, êtres purs, innocents et asexués, continuent à proliférer dans la publicité et les médias, incarnant pour les adultes l’espérance d'un monde meilleur. Bouleverser ce stéréotype peut apparaître comme dérangeant. A travers ces photographies, je me concentre sur les moments d’agitation, de nervosité, où l’enfant, suspendu dans le temps, attend que quelque chose arrive. Ces pauses, ces moments d'ennui, sont ceux où son imagination se manifeste le plus.
Ce travail présente un point de vue alternatif de l’enfance. J’illustre la relation, à la
fois étrange et ambiguë, des enfants au monde et à la réalité. Ces instants de méditation sont courts, exploits momentanés pendant lesquels ils basculent dans une
sorte d’égocentrisme troublant. Leur comportement biaisé, clownesque, traduit une forme de maturité et montre comment ils donnent sens au monde qui les
entoure.
“Mum I hate your cakes and all the things you make” montre un enfant jouant parfois timidement et inconsciemment avec l'identité et le genre. Le point culminant de cette série est que le
personnage n’est pas figé, il apparaît dans toute la complexité et la diversité de son être. Cette performance propose en effet une clef d’accès au monde mystérieux et
inaccessible de l'enfant contemporain.
J'ai appréhendé l'enfance comme un genre à part entière, car c'est une période extrêmement importante et formatrice qui prédétermine l'âge adulte. Je voulais montrer des portraits non conventionnels, parfois mêmes perturbants, de ma fille, défiant ainsi l’image de l’enfant présenté habituellement comme un adulte construit. Je me suis tournée vers ma propre famille parce que j'ai voulu aller au-delà de l’image que l’on s’en fait ordinairement, en explorer les contours, en dépasser le cadre. Cela m'a permis d’approfondir la relation mère/artiste/fille. Pour moi, ce travail est aussi une sorte de deuil, un enregistrement visuel de la crainte d’une mère, de l’enfance qui s’évanouit. C'était pour cela que j'ai voulu photographier ma fille. »
Elena Inga

Exposition visible du 31 mars au 26 avril,
du mercredi au samedi de 13h à 19h.
Vernissage en présence de l'artiste
le lundi 31 mars :
Toute l'équipe de La
Vitrine vous souhaite
un bel été !